Par Olga.
Salut à tous,
hier, nous avons commencé à filmer dans la bibliothèque. Elle sera fermée le 20 mars, pour être déménagée. Nous avons passé l'après-midi avec Agnès, une habituée qui vit rue du Poteau et qui vient
toutes les semaines dans cette bibliothèque. Elle est attachée à ce lieu où elle apprécie particulièrement l'accueil. Elle nous parle également du quartier Binet, qu'elle trouve totalement coupé de
Paris par le boulevard Ney.
On s’est retrouvé avant le tournage avec Pierre, Laurent, Joëlle, Alexandra et Florent. Je désirais prendre un peu plus de temps que d’habitude pour repérer les plans à tourner. J’avais une
proposition de découpage que Pierre m’a aidé à élaborer davantage.
Le tournage se déroulait en 3 moments distincts: le trajet d’Agnès de chez elle à la bibliothèque, dans la bibliothèque lorsqu’elle rend et réemprunte les livres, et enfin un entretien.
Le trajet était le moment le plus complexe dans la mise en scène. Je voulais filmer le trajet en travelling et le passage du Boulevard Ney en plan fixe. Cette rigidité au niveau du cadre allait à
mon sens marquer l’idée de la frontière qu’il crée.
Pierre m’a proposé un découpage un peu différent, que j’ai trouvé intéressant, le voici: commencer par des plans fixes avant le boulevard et après filmer en travelling. Pour les premiers
plans fixes, nous avons filmé Agnès de face, sans qu’on voie où elle va. Au moment du passage du boulevard, on a filmé un gros plan de son visage concentré devant le danger et le bruit de la
circulation. Ce gros plan, joue sur le hors champ, ultra présent sur la bande son. Sa traversée a été filmée caméra épaule, elle se dirige vers moi, puis je l’ai suivie de dos, et là on voit où
elle va.
Sur ce dernier plan, j’ai essayé de la suivre, mais j’ai eu du mal. J’aurais dû la laisser s’éloigner pour la rattraper ensuite. Du coup on a un plan séquence de 2 minutes, difficile à monter.
Ce découpage précis, était très intéressant, il reste maintenant à voir si ça fonctionne au montage… En tous cas, certains plans sont vraiment chouettes et pigmentés par une lumière en contre jour
et des travaux assez impressionnants.
A l’intérieur, nous avons ensuite filmé quelques plans lorsqu’Agnès rend ses revues et en reprend d’autres. La bibliothécaire a expliqué à Agnès qu’il y allait avoir des travaux. Ce fut
l’occasion de penser une fois de plus à découper davantage, ne pas hésiter à se déplacer même pendant un échange. Ne pas avoir peur de rater des éléments de la conversation pour penser aux
possibilités de montage, avec des regards, des silences et des valeurs de plans variées.
Aujourd'hui Pierre m'a écrit un mot suite au tournage, en voici un extrait qui fait écho à ce que je viens d'écrire: « tu t'es encore laissée piéger par le "réel" et je t'ai volontairement
laissée piéger, pour que tu penses encore plus en amont, et ne te laisses pas aller par "la peur de manquer". »
On a fini avec un entretien mené par Joëlle. Au préalable, nous avions défini les thèmes à aborder. Cette préparation, fut l’occasion de discuter sur les différentes façons de mener un
entretien. Comment poser une question, de telle manière que la personne reprenne les éléments de la question dans le début de sa réponse. Ne pas hésiter à interrompre la personne lorsqu’elle répond
sans les éléments qui permettent de la comprendre. Les questions doivent êtres suffisamment ouvertes. Nous avons également discuté sur la manière de préparer un entretien. Comment ne pas
faire dire trop de choses avant, ne pas dévoiler trop avant le tournage, car la première est souvent la mieux ! Laurent nous a parlé d’un réalisateur, qui se débrouillait toujours pour
déflorer au minimum le sujet avant l’entretien. Il leur en disait le moins possible, tout en leur expliquant très bien le déroulement et les sujets abordés.
On a fini le tournage par quelques plans filmés par Florent. Mais Florent va nous envoyer un petit mot… n’est ce pas ? Alexandra a assuré en partie le son, mais là aussi, c’est elle qui vous
racontera tout ce que notre cher Laurent lui a transmis…
Voilà je vous ai tout raconté, ou presque…