Stage caméra le 14 février

Par Lucile…
Un amour de Z7
(ou comment passer la Saint-Valentin avec une caméra)

Dimanche 14 février, alors que les amoureux se pressent vers Montmartre pour une promenade romantique, 5 stagiaires de la Sierra Prod. ont rendez-vous avec Pierre Boffety, dans ses bureaux de production.
Pierre est chef opérateur image, membre fondateur de la Sierra Prod, c’est un grand professionnel. Il va nous initier à la manipulation de la caméra Z7, celle qu’utilise la Sierra Prod., afin que nous puissions être autonomes sur les tournages. Etre initié à l’utilisation d’une caméra par Pierre, c’est un peu comme apprendre à faire des crêpes avec Bocuse…
Parmi les stagiaires, des parcours différents : Jacki , Florent, Alexandra et moi-même venons de rejoindre la Sierra Prod. (à peine avons-nous participé en observateur  à 2  journées de tournage à Binet, lorsque la structure de la nouvelle bibliothèque temporaire a été installée) ; Léa quant à elle est là depuis le début de la Sierra Prod. et va bientôt prendre en charge la réalisation d’une séquence avec des jeunes adolescents .
Ce qui est bien avec Pierre, c’est qu’il rend tout intéressant, même des considérations techniques avec lesquelles nous ne sommes pas forcément à l’aise au départ.
Il commence donc par nous donner quelques notions de l’évolution technologique de la vidéo, afin que nous puissions « comprendre » la caméra que nous utilisons, ce qu’elle peut nous apporter, quels sont ses avantages et ses limites, bref où notre outil se situe dans une évolution technologique qui va très très vite et qui exige en permanence de se remettre « à la page ». Notre caméra a été choisie en grande partie en raison de sa définition (1080 lignes) qui, même si elle n’est pas encore optimale, est déjà d’une grande précision. D’ailleurs, nombre de documentaires tournés avec une Z7 ont été diffusés à la télévision.
L’évolution technologique de la vidéo pose une question de taille : celle de la conservation du matériau filmé, et donc celle de la conservation d’une mémoire. Aujourd’hui, les images ne sont plus enregistrées sur des supports physiques, des K7 à bandes magnétiques, mais sur des cartes numériques. Ce support d’enregistrement, malgré ses aspects pratiques, est extrêmement fragile et conserve peu de temps l’information. C’est un support dégradable qui va poser, à termes, son utilisation se généralisant, des problèmes politiques et éthiques, ceux d’une manipulation possible de la mémoire. Notre projet, qui s’inscrit sur la durée, est bien sûr concerné par ces questions. A la Sierra Prod., nous faisons donc le choix d’enregistrer simultanément nos informations sur une carte et sur une K7 : nous ne perdrons pas une miette de la parole et de la mémoire des habitants de Binet.
Ce qui me frappe, c’est que les aspects techniques ne sont jamais purement techniques. Ils sont toujours liés à des questions esthétiques et parfois, comme c’était le cas pour le support d’enregistrement, à des questions éthiques. Par exemple, je ne me sens pas spontanément concernée par la question de la taille du capteur d’images… J’avoue que ce sujet ne m’avait même jamais traversé l’esprit. Pourtant, de la taille du capteur dépendent à la fois la quantité d’informations enregistrées et la profondeur de champ. Plus le capteur est petit, moins nous enregistrons d’informations dans le détail mais en même temps, plus la profondeur de champ est grande. On court alors le risque de ne pas pouvoir détacher le sujet principal de son fond et de tout mettre sur le même plan… De même, l’utilisation d’un pied, et d’un pied de qualité, est loin d’être une simple question pratique. Il s’agit aussi du sens que l’on veut donner à l’image : voulons-nous montrer au spectateur que l’image provient d’une personne, d’un point de vue particulier, ou voulons-nous donner à l’image une neutralité, permise par la stabilité du pied ? Nous utilisons un pied, choisi et agréé par Pierre : cela permet aussi, pour ce projet qui est collectif, de rassembler nos points de vue différents sous cette même neutralité.
Venons-en maintenant à tous ces boutons et autres manivelles que nous devrons savoir déclencher le Jour J.
Alors voilà, il y a trois bagues sur l’objectif :
La mise au point, celle qui permet le réglage de la netteté (Pierre nous conseille une mise au point semi-automatique plutôt qu’automatique car cette dernière fait systématiquement le point sur le milieu de l’image).
Le zoom.
Le diaphragme, qui fait entrer plus ou moins de lumière. Plus je limite la quantité de lumière, plus j’augmente la profondeur de champ. La lumière peut être travaillée par d’autres paramètres : le « gain » permet de transformer électriquement et d’augmenter la lumière qui arrive sur le capteur ; les filtres jouent sur la transmission et la quantité de lumière. Pour pouvoir régler notre lumière, on pourra utiliser le zebra : des zébrures apparaissent dans le viseur sur certaines zones de l’image et permettent de se repérer.


Voilà quelques traces palpables de ce que nous avons appris cet après-midi là. Pour Pierre, ce petit cours n’a pour but que de nous mener à pratiquer, à utiliser la caméra, qu’il nous encourage à très bien connaître. Maîtriser à fond l’outil que nous utilisons, c’est le meilleur moyen de ne plus y penser. Mais, diront ceux qui s’y connaissent un peu, il manque quelque chose. La fameuse « balance des blancs » ? Pierre a sa théorie, et beaucoup de pratique, là-dessus… Mais je ne divulguerai pas son secret…
 
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